Maire-info
Le quotidien d’information des élus locaux
Édition du mardi 23 décembre 2003
Eau et assainissement

En Aquitaine, un accord-cadre réduit de 20% l'exploitation des gisements d'eau pour éviter l'épuisement des nappes souterraines

Des mesures pour éviter l'épuisement des nappes souterraines en Aquitaine ont été décidées lundi avec la signature d'un accord-cadre prévoyant de réduire de 20% l'exploitation de ses gisements d'eau. "Depuis la Seconde guerre mondiale, on a puisé de façon inconsidérée dans les nappes. La zone critique se situe tout autour de Bordeaux, de Libourne jusqu'à Langon. En revanche, la situation est moins grave sur le littoral", a affirmé Vincent Hammel, délégué régional de l'Agence de l'eau Adour Garonne, initiatrice de l'accord signé à Bordeaux. Cet accord-cadre, paraphé notamment par les représentants de l'Etat, des collectivités locales, des chambres d'agriculture et de commerce, prévoit de diminuer de 147 à 117 millions de m3 par an les prélèvements dans les nappes profondes, notamment par une réduction des fuites sur les réseaux de distribution et par une sensibilisation des élus et du grand public. Les industriels de la presqu'île d'Ambès, dont les ponctions sont actuellement les plus importantes, seront incités à prélever l'eau dans la Garonne, après traitement, et non plus dans les nappes phréatiques. La surexploitation des nappes de l'éocène (groupe le plus ancien des terrains tertiaires) a entraîné la baisse des gisements, faisant courir le risque d'une intrusion d'eau saline provenant de l'estuaire. "Si on la laissait courir, la situation deviendrait préoccupante", a déclaré Jean François-Poncet, président du Comité de bassin Adour Garonne. D'autant que la canicule de l'été dernier a aggravé la situation, avec un épuisement rapide des nappes proches de la surface qui a entraîné des pompages plus profonds, là où le niveau des réserves était déjà inquiétant.

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